Partager l'article ! « La mode d’aujourd’hui, c’est le vintage de demain »: Laurent JOURNO. Organisateur du Salon du Vintage http://w ...


Laurent JOURNO.
Organisateur du Salon du Vintage
http://www.salonduvintage.com/
C’est Laurent Journo qui orchestre le tout. Il organise l’intégralité du salon, du choix du lieux, à
la sélection des exposants qui seront présents sur le salon dont le prochain salon se déroulera en Avril, rue des Francs Bourgeois dans le Marais sur le thème des années 90.
C’est le seul salon du Vintage à Paris. Il a de plus en plus de succès et la liste d’attente pour les exposants ne cesse d’accroitre.
Des boutiques de vintage haute couture jusqu’aux grandes enseignes non griffés, tout l’univers de l’industrie du vintage est présent au travers de ses salons.
Depuis la dernière édition, nous pouvons trouver en plus des vêtements, des stands de mobilier vintage qui rencontre un succès fulgurant ces dernières années.
Laurent Journo organise donc ses journées entre prospection, rendez vous et organisation du salon.
Interwiew :
Q : Vous être à l’initiative du salon du vintage. Comment a germé l’idée ?
Le salon du vintage existe dans des grandes capitales de mode que ce soit à New York, Londres ou Milan et il me semblait nécessaire qu’il y en ait un à Paris.
Q : Il y a déjà eu quatre éditions du salon, comment le projet évolue-t-il ? Sentez-vous un engouement de plus en plus fort ?
J’ai de plus en plus de demandes d’exposants, ce qui veut dire qu’il y a de plus en plus de professionnels du vintage. Je pense qu’il y a de plus en plus de boutiques de vintage qui s’ouvrent, à la fois dans le mobilier et dans la mode.
Je vois un public qui est de plus en plus pointu dans ses recherches de produits vintages et qui est de plus en plus connaisseur.
Q : Donc ils ne viennent pas par hasard ; ils recherchent des pièces en particulier ?
Exactement, il y a des aficionados des années 80, 90… Les années 70 restent une grande référence dans le vintage également ; donc on trouve vraiment tous type de visiteurs.
Q : Comment expliquez vous ce phénomène ?
Je pense que les gens ont besoin de se rassurer ; et en allant vers des pièces vintage ils trouvent des standards et des pièces qui finalement sont déjà démodés donc indémodables.
Q : Justement le « vintage » pour vous c’est quoi ?
Ça a plus à voir avec le coté intemporel. En fait une pièce vintage a trois caractéristiques :
Q : A votre avis est-ce un simple phénomène de mode ou une nouvelle façon d’aborder la mode et de la consommer ?
Oui c’est une nouvelle façon de consommer la mode. C’est-à-dire qu’au lieu d’acheter des produits jetables comme vous propose le « mass market » aujourd’hui, on se retrouve avec des produits qui seront peut-être de meilleure qualité, mais surtout, qui vont durer et qui dans le style sont indémodables.
Et puis moi j’aime bien ce terme d’intemporel, parce que justement un produit vintage restera intemporel, c’est un standard.
Consommer du vintage a plus à voir avec la nostalgie. Par exemple « cette pièce me rappelle mon enfance, mon adolescence, les années 80 et j’ai envie de mettre une touche d’années 80 dans mon apparat. »
Mais je ne pense pas que le total look vintage soit quelque chose de souhaitable. Des touches vintage, c’est ça qui fait le style et qui donne un look intéressant. Parce que sinon c’est du déguisement.
Q : C’est comme si un réel patrimoine du vêtement était en train de se créer, et toute l’industrie qui s’en suit. Si vous deviez anticiper le phénomène et faire un bond dans quelques années, quelle serait la place du vintage ?
Je pense que la mode d’aujourd’hui c’est le vintage de demain.
Moi je ne pouvais pas imaginer dans les années 90 que la basket « Pump » deviendrait vintage. Aujourd’hui elle devient un must.
Je pense que dans 10, 15 ans, ce que l’on porte aujourd’hui sera vintage et tendance.
Et pour rester dans cette notion d’anticipation, si j’étais un investisseur dans la mode par exemple, j’achèterais du Alexis Mabille ou du Marc Jacobs aujourd’hui. Je pense que, dans 20 ans, ça vaudra une fortune.
On est vraiment dans la mouvance de miser sur certains créateurs parce qu’on anticipe la manière dont ils pourront êtres appréhendés par la suite.
Je pense que les personnes qui ont acheté de la haute couture comme du Jean-Paul Gaultier, du Comme des Garçons ou du Yohji Yamamoto dans les années 90 ont réellement fait une bonne affaire car aujourd’hui ça vaut de l’or. Et les années 90 n’étaient pas il y a si longtemps.
Ca devient un peu comme le marché de l’art. Il y a un patrimoine et que pense qu’acheter du vintage c’est un peu s’approprier cette part de patrimoine. Nous avons la chance en Europe d’avoir un patrimoine si riche.
C’est pour ça qu’au salon du Vintage, nous avons beaucoup d’étrangers, et des professionnels en particulier qui viennent acheter du vintage à Paris parce d’autres pays n’ont pas ce patrimoine.
Certains vêtements sont presque des pièces de musée. Et c’est là que tout devient intéressant.
Q : Justement, comment sélectionnez-vous les exposants sur vos salons ?
J’ai pas mal de demande. J’ai même une liste d’attente pour exposer au salon, et je fais une sélection en fonction de la qualité. C’est-à-dire que plus les exposants potentiels sont crédibles qualitativement et plus ils auront de chance de participer à l’événement. Contrairement à d’autres salons qui se voudraient vintage, que l’on peut par ailleurs trouver en province (à Lyon et Marseille en particulier), moi j’essaye vraiment d’organiser mes salons dans de beaux endroits, d’avoir de bons exposants.
C’est le salon du vintage, pas le salon de la friperie.